Tour des Flandres: réactions

6 avril, 2008

Tom Boonen (BEL/QuickStep), 17e : «J’avais les jambes pour gagner. Mais la tactique de course ne m’a pas permis de le démontrer. Je suis très heureux pour Stijn qui a fait un grand numéro. Et très heureux aussi pour l’équipe. Quick Step a fait une course splendide. Avec Barredo et Wijnants, nous avons fait un travail extraordinaire après le Koppenberg. Devolder devait ensuite me servir de rampe de lancement mais les circonstances de la course ont modifié ce scénario».

Sylvain Chavanel (FRA/Cofidis), 30e : «Quelle course extraordinaire ! Ce public tout le long du parcours, c’est vraiment magnifique. C’est sûr, je reviendrai car je suis désormais définitivement convaincu que je pourrai y faire un truc. Aujourd’hui, j’étais bien mais dans le final, j’ai tout de même senti que d’autres avaient de meilleures jambes. J’ai laissé un peu d’énergie dans le Koppenberg. Dans le Mur de Grammont, j’ai anticipé pour Nick (Nuyens). Je l’ai aidé avec mes moyens et je suis très content, pour moi, pour lui et pour l’équipe, de sa belle deuxième place».

Nick Nuyens (BEL/Cofidis), 2e : «J’éprouve de la fierté mais aussi des regrets. J’ai démontré que je faisais partie des meilleurs et je suis très satisfait de la prestation. Mais la deuxième place, c’est la plus mauvaise. Je termine deuxième, cela signifie que j’avais les capacités de gagner».

Juan Antonio Flecha (ESP/Rabobank), 3e : «Il ne suffit pas d’avoir les meilleures jambes, il faut s’en servir au meilleur moment. Ce que je n’ai pas fait aujourd’hui puisque le résultat démontre que j’ai lancé la poursuite (de Devolder) trop tard. Cela dit, Stijn mérite son succès car ce qu’il a fait, c’est très fort. Attaquer à 30 bornes du but et être capable de tenir après avoir fourni beaucoup d’efforts auparavant, c’est vraiment costaud».

Alessandro Ballan (ITA/Lampre), 4e : «C’est la course ! Dans l’échappée, Devolder a suivi pendant 15 kilomètres. Puis, il est sorti quand on a été repris. Dommage que l’équipe Liquigas ait roulé derrière nous. Mais, à leur place, j’aurais fait la même chose. Devolder devant, tout le monde s’est regardé.»

Filippo Pozzato (ITA/Liquigas), 6e : «Je n’avais pas les jambes pour faire la différence. J’étais avec les meilleurs mais dans une course comme “le Ronde”, il faut quelque chose en plus pour gagner, ce que Devolder avait. J’ai souffert du froid, mais ce n’est pas une excuse. Quick Step a fait une grande course. Je ne pouvais pas changer la course, mais simplement la subir, gérer en espérant un sprint».

Fabian Cancellara (SUI/CSC), 23e : «Ce n’était pas mon jour. Je n’avais pas les mêmes sensations qu’à Milan-San Remo. Tout le monde me regardait, attendait que ce soit moi qui fasse les efforts. En plus, l’équipe a connu son lot de malchance. On ne peut pas tout gagner. Il y a encore Paris-Roubaix dimanche prochain.»

Marc Madiot (directeur sportif de Philippe Gilbert/FDJ) : «On ne peut pas réussir à chaque coup. Il a manqué à Philippe un petit quelque chose dans le Mur (de Grammont). C’est là que ça s’est joué. Il était un peu en dessous de ce qu’il espérait.»


Le Champion de Belgique, champion des Flandres

6 avril, 2008

devolder Dix ans après son succès chez les Juniors, Stijn Devolder s’impose dans   l’épreuve des professionnels après un échappée solitaire de 25 km.

A l’arrivée, il montrait son maillot de champion de Belgique comme Tom Boonen l’avait fait 48 mois auparavant avec son maillot irisé de champion du monde. Incrédule, ne réalisant toujours pas une fois la ligne franchie la portée de cet instant.

“Je ne peux pas y croire. Il faudra encore un peu de temps pour que je sois conscient que j’ai gagné le Tour des Flandres, a expliqué Devolder. Je me sentais bien, les jambes tournaient à merveille. Mais jamais je n’ai autant souffert qu’au cours des derniers kilomètres, d’autant que je ne connaissais pas l’avance que je possédais.”

Si personne n’avait de doutes sur ses qualités, on a longtemps cru que ce Courtraisien de 28 ans qui courrait sans intelligence n’atteindrait jamais le sommet. Mais depuis 1 an et son succès dans le championnat de Belgique, Stijn Devolder a acquis une autre dimension et s’impose désormais comme la nouvelle étoile montante du cyclisme international.

Un temps variable

Les coureurs se lançaient ce matin sous un temps sec et un rythme rapide de 47km/h pendant les 2 premières heures de course qui empêchaient une échappée matinale de se former. On notait très tôt dans la course les abandons du vainqueur de La Panne Posthuma, de l’ancien vainqueur Wesemann et celui de Tom Steels qui disputait son dernier « ronde ». Il faudra attendre le passage en terre wallonne et le Mont de l’Enclus pour voir 4 hommes, parmi lesquels Tombak, se dégager à l’avant de la course. Les conditions climatiques se dégradent à l’approche du Vieux-Quaremont où la bagarre va être lancée par Andreas Klier épaulé par Flecha et Hoste qui seront vite repris. Au pied du Koppenberg, ils ne sont plus qu’une petite trentaine et sur l’immonde chemin pavé c’est Tom Boonen qui va impressionner la galerie. Il est suivi par Devolder, Rast, Cancellara et les autres.

La poisse pour Hoste

A 63 km de l’arrivée, dérailleur cassé pour Leif Hoste dans le Steenbeekdries. Il doit attendre longtemps sa voiture située en 13eme position. La course semble perdue pour lui. Dans le Taaienberg, Langeveld accélère suivi par Devolder tandis que le groupe Hoste est à 30 sec du groupe des favoris. Pendant ce temps, Freire attaque et prend une dizaine de seconde. Dans la Hagehoekstraat sous l’impulsion de Stijn Devolder, il sera avalé avant que le champion de Belgique décidément intenadevolder1ble en rajoute une couche sur le Leberg où il sera suivi par Gilbert et Langeveld. Hincapie, Flecha, Kroon rejoints par Nuyens, Quinziato et Spilak se lancent à la poursuite du trio et les rejoignent à 43km de l’arrivée. Dans le Berendries, nouvelle accélération impressionnante de  Boonen à laquelle seul Ballan sait répliquer. Cancellara et Pozzato coincent avant de revenir au caractère. Peu après, Ballan, Devolder, Kroon, Langeveld et Hincapie se dégagent. Leif Hoste qui croyait avoir perdu la course revient sur le groupe de tête grâce au travail de ses équipiers Tsjallingi et de Van Avermaet à propos duquel il ne fait plus aucun doute qu’il s’imposera un jour à Meerbeke. Intelligemment Devolder se met en queue du groupe de tête et attaque au moment où le groupe des favoris revient sur eux.

Devolder parti pour un solo

Le champion de Belgique est dans un grand jour et poursuit son effort. Il arrive au pied du Mur de Grammont avec une grosse demi-minute d’avance sur le peloton. Dans le Mur, Devolder passe en tête suivi par Nuyens, Boonen, Flecha, Rast et Terpstra qui se montrent les plus forts des favoris. Cancellara et Pozzato coincent, Gilbert et Chavanel explosent. Peu avant le Bosberg, le jeune Sébastian Langeveld part en contre derrière Devolder. Les 2 hommes se tiennent en une quinzaine de secondes tandis que le peloton des favoris se trouve 31 secondes derrière. Devolder plus fluide sur le vélo voit Langeveld lui reprendre quelques secondes avant de reprendre l’avantage. Tandis que le néerlandais craque c’est son équipier Flecha qui se lance à l’assaut et fond sur Devolder avant de coincer à son tour alors qu’il semblait revenir. Nick Nuyens rejoint alors Flecha mais l’union de leurs efforts ne pourra empêcher Stijn Devolder tant critiqué par son manager après la première étape des 3 jours de La Panne de s’adjuger une splendide victoire sur la chaussée de Halle à Meerbeke. Nuyens complétera le succès belge en gagnant le sprint pour la 2eme place devant Flecha. Encore une fois comme pratiquement à chaque fois depuis le début de saison, la course a souri au plus audacieux.

Fabien Chaliaud