Tom Boonen fait taire les critiques!

13 avril, 2008

boonen_arivee Tom Boonen, critiqué depuis le début de saison a cloué le bec à ses détracteurs en remportant son deuxième Paris-Roubaix au terme d’un sprint royal devant Cancellara et Ballan. 4 belges finissent dans les 10 premiers

Tom Boonen n’avait pas menti : il était bien en forme et allait répondre à ses détracteurs qui l’annonçaient sur le déclin suite à son manque de victoires depuis le début de saison. Au contraire, le flandrien est apparu au sommet de son art provoquant l’échappé décisive et en gérant avec maîtrise le sprint sur le vélodrome de Roubaix.

” Je crois avoir bien mené ma course. Même dans le sprint. Cela a paru facile, mais je me suis méfié jusqu’au bout. Ce sprint, je l’ai lancé de loin car je voulais m’assurer très vite deux ou trois longueurs d’avance sur Cancellara. Mais j’étais visiblement le plus costaud de nous trois”, a expliqué un Boonen détendu, qui a annoncé viser désormais un second succès aux championnats du monde.

Malchance pour les favoris

La course a été limpide. La pluie tombée pendant la nuit a évité la boue, mais ce sont le vent et la poussière qui ont joué un rôle important. Soufflant généralement de manière favorable, le vent a permis une course rapide où les échappées furent peu nombreuses. Un trio composé de Kuyckx ,Pronk et Serov a devancé les favoris à l’approche des premiers pavés. Très vite, la course perdra Hushovd toujours pas remis de sa chute à Wevelgem, puis ce fut Flecha et Pozzato qui chutèrent peu avant la Trouée d’Aremberg. Dans celle-ci, Van Summeren, Boonen et Quinziato font la plus forte impression tboonenpr08andis que Nuyens et Backstedt lâchent et que Pozzato et Flecha tentent d’effectuer la jonction avec le groupe de tête. A la sortie, un groupe avec tous les gros bras s’est isolé en tête.  Très vite, il rejoindra les 3 fuyards de la matinée. Mais derrière les piégés et les malchanceux reviennent. Le regroupement est total à 66km de l’arrivée. Dix kilomètres plus loin, Hincapie victime d’un incident mécanique perd un temps précieux à être dépanné. Sa voiture suiveuse étant la dernière. C’est dans le secteur pavé suivant qu’une première grosse sélection se forme sous l’impulsion de Van Summeren. Seuls Boonen, Cancellara, Ballan ,Devolder, Hoste, O’Grady et l’étonnant Maaskant peuvent suivre. C’est un premier tournant dans la course.

La surprise Maaskant

Dans le difficile secteur de Mons-en-Pévèle, Devolder attaque avant d’être rejoint par O’Grady obligeant ainsi Van Summeren d’assurer la poursuite. Devant l’impuissance de celui-ci, Hoste fait le forcing et provoque le regroupement. C’est le moment choisi par Tom Boonen pour accélérer. Hoste surpris ne réplique pas au contraire de Cancellara et Ballan qui ont flairé le bon coup. En effet, les 3 gros favoris prendront rapidement leurs distances du groupe Hoste-Maaskant devant traîner Devolder et O’Grady jouant à la perfection leur rôle d’équipier. Le Carrefour de l’Arbre abordé face à un vent défavorable empêchera toute accélération parmi le trio de tête qui se dirige tout droit vers le vélodrome de Roubaix.

Boonen comme en 2005

Cancellara incapable de rééditer son coup de Milan-San Remo et Ballan émoussé, le sprint sur le vélodrome semble inéluctable. Comme en 2005, où dans le même scénario il était venu à bout de Flecha et d’Hincapie, Boonen se place intelligemment en 3eme position avant de produire son effort de loin et laisser sur place ses deux compagnons d’échappé s’envolant ainsi conquérir son deuxième succès dans l’Enfer du Nord. Le deuxième aussi pour Quick.Step dans les classiques pavées après la victoire de Stijn Devolder la semaine passée. Voilà en tout cas un coureur et une équipe qui auront su répondre de la plus belle des manières aux papiers de journalistes qui les avaient un peu vite enterré.

Fabien Chaliaud


Gilbert rate le coche à San Remo

22 mars, 2008

Un beau podium pour cette 99e édition de Milan San Remo: Fabian Cancellara 1er, Filippo Pozzato 2e et Philippe Gilbert pour complèter ce podium.

Alors que la Primavera est souvent destinée aux sprinters, les attaquants ont fait mentir les pronostics. Il faut avouer que les hommes en forme du moment se retrouvent… sur le podium: Philippe Gilbert (vainqueur à het Volk, Trophée de Majorque, GP Samyn) et Fabian Cancellara (vainqueur de Tirreno-Adriaticco). Et surtout ils avaient prévenu qu’ils n’attendraient pas le sprint. A 25 km de l’arrivée, Bettini porta son attaque! Tranchante. Un groupe de 5 coureurs se détachaient et non des moindre: Bettini, Rebellin (qui termine finalement 4e), Garzelli, Lovkvist, Axelsson. Dans le peloton, on réagit doucement mais surement, Boonen et Freire sont bien positionnés.

Dès le regroupement, Gilbert se fait remonter illico par un équipier en tête de peloton et il attaque. Il restera un moment en tête avant de se relever et de voir revenir un petit groupe où l’on retrouve Cancellara, Pozzato, Rebellin, Freire, Hushovd… A deux kilomètres, le groupe se relève, l’occasion pour Fabian Cancellara de porter son attaque décisive. Le groupe de Gilbert réagit trop tard. Le Suisse gagne sa deuxième grande classique (après Paris-Roubaix en 2006). Sur la ligne d’arrivée, Gilbert peut s’en vouloir de ne pas avoir réagi plutôt à l’attaque de Cancellara.

la Primavera n’est pas toujours une loterie! Cancellara et Gilbert avait annoncé qu’ils attaqueraient et ils l’ont fait à bon escient. Une bonne reconnaissance et une bonne tactique peut éviter le piège du sprint massif. Belle victoire pour CSC qui a beaucoup travaillé, tout comme les Liquigas, durant la course. Les battus du jour se nomment Quick-Step et Rabobank! Du côté belge, on notera la blessure de Mawime Monfort, victime d’une chute dans la descente du Poggio, souffre de contusions à l’épaule, au coude et au genou mais a pu terminer la course.

Réactions:

Philippe Gilbert

Je dois être satisfait avec mon premier podium. Je n’étais pas dans ma meilleur forme aujourd’hui. Heureusement, je me suis senti de mieux en mieux à mesure que la course avançait, mais je n’étais pas au top. J’ai eu du mal à Le Manie. Dans le Poggio, j’ai fait ce que j’avais à faire. Je m’attendais d’abord à une attaque de Balan mais comme elle n’est jamais venue j’ai tenté de faire la décision moi-même. Ce n’était pas facile de vraiment démarrer pendant l’ascension. Sur le faux plat, le vent était de face et cela n’aurait eu aucun sens de partir seul. Finalement, je termine troisième, mon meilleur résultat à ce niveau mais sûrement pas ma meilleure course

Tom Boonen

Jusqu’au sommet du Poggio, tout se passait à merveille. L’attaque de Paolo Bettini dans la Cipressa était prévue pour forcer les autres équipes à travailler. Dans le Poggio, c’était à mon tour. Lorsque le groupe des quatorze s’est échappé, Popovych devait boucher le trou pour moi, mais je n’ai pas réussi à accrocher sa roue. Ce n’était donc pas le meilleur Milan-Sanremo de ma carrière mais j’aurai une nouvelle chance l’année prochaine.

Oscar Freire

Ce que j’ai dit vendredi s’est produit. Si la victoire s’était disputée au sprint massif, j’aurais gagné. Aujourd’hui, c’est l’attaquant que j’attendais qui a gagné. Qu’est-ce que je peux dire de plus? Le déroulement de la course détermine tout. Dans le groupe de tête, il n’y avait aucune équipe prête à organiser la poursuite et Cancellara a eu quartier libre. Cela n’enlève rien à ses mérites. Il a reçu la chance de s’illustrer et a roulé très fort jusqu’au bout. Une victoire méritée donc. Je n’ai pas sprinté pour la deuxième place, seule la victoire m’intéresse

Filippo Pozzato

Je suis déçu du résultat car j’avais les jambes pour gagner. Je l’ai montré dans le sprint. On savait qu’il ne fallait pas laisser un trou en faveur de Cancellara dans le final. Je crois que nous aurions pu le reprendre si tout le monde avait collaboré. Je n’en veux à personne en particulier parce que chacun a fait sa course. Mais c’est une occasion de perdue
 

Prochaine classique: le Tour des Flandres, le 6 avril prochain.