L’ancien président du Sporting d’Anderlecht âgé de 93 ans est décédé cet après-midi à la veille du « clasico » qui opposera les bruxellois à l’éternel rival du Standard. Président du club pendant 25 ans il avait cédé le flambeau à son fils Roger en 1996. L’année du centenaire sera donc marqué par le décès de l’homme qui a contribué à la renommée internationale d’Anderlecht.
C’était un géant, qui bousculé toutes les hiérarchies, balayé les conceptions d’un autre âge, insufflé un souffle nouveau et sorti le football belge de la préhistoire pour l’immerger dans le troisième millénaire.
Des dirigeants d’une telle envergure n’ont pas couru les rues dans l’histoire du football belge. Certes José Crahay et Eugène Steppé furent les pionniers de la Coupe d’Europe et des dirigeants appréciés dans le monde entier. Ensuite arrivèrent les Roger Petit et Albert Roossens, qui professionnalisèrent notre football, mais à part eux, qui pourrait t’on citer ? John Cordier à la rigueur.
Parmi ces dirigeants de haut vol il y avait aussi Constant Vanden Stock. Il était à la fois, un immense connaisseur de football, qu’il a pratiqué au plus haut niveau avant d’être sélectionneur de l’équipe nationale, et un entrepreneur hors pair, patron des brasseries Belle-Vue. Mais, il était avant tout, un véritable mécène pour lequel le football était la seule passion. Ce mécénat, il l’a fait par amour pour un sport qui lui a coûté plus d’argent qu’il ne lui en a rapporté .
C’est ce qui le différenciait d’un président comme John Cordier, homme d’affaire exceptionnel, qui a réussi l’exploit unique d’amener le FC Malinois de la D2 au titre européen, c’est d’avoir continuer et de ne pas s’être arrêter, après avoir pris ses plus-values sur les joueurs qu’il amena au sommet.
Les vrais mécènes sont rares et ne restent jamais longtemps. Quand le foot a cessé de les
amuser, la plupart changent généralement de jouet . Constant Vanden Stock est parti de rien pour fonder l’empire de la gueuze, ce qui l’a rendu immensément riche et lui a permis d’amener son club au sommet.
Mais il ne suffit évidemment pas d’être riche pour réussir, Johan Vermeersch et d’autres l’illustrent à merveille, il faut encore avoir la connaissance et le feeling pour investir dans les bons joueurs, savoir leur parler, connaître le fonctionnement des managers. Et des joueurs de qualité, il en fit débarquer au Parc Astrid. Rensenbrink, Vercauteren, Lozano, Coeck ,Haan et consorts c’était le flair de Van Den Stock. Vice-président de la fédération, ce profond patriote a toujours tout fait pour la maintenir unitaire. C’est d’ailleurs la dernière fédération sportive du pays à ne pas être scindée en 2 ailes.
En 1996 ,il cèdera le flambeau d’Anderlecht à son fils Roger, mais il conservera malgré tout une influence énorme au sein du club, même sans être à l’avant de la scène, et n’hésitera pas à corriger ses héritiers. Sa carrière glorieuse carrière sera aussi entachée par l’affaire Nottingham. Tout le monde a encore en mémoire, l’interview réalisée par Frank Baudoncq où « Président » craqua en larmes devant la caméra au moment d’avouer l’affaire du « prêt » à l’arbitre. Néanmoins à l’heure où le football belge est au plus mal, on en est à regretter que les véritables hommes d’envergure soient dans un cimetière plutôt que dans les tribunes présidentielles.
Fabien Chaliaud
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