La 94ème édition de Liège-Bastogne-Liège clôturera dans les Ardennes belges la campagne des classiques de printemps en présence des meilleurs. Cette année les organisateurs ont remplacé la côte du Sart-Tilman par celle de la Roche-aux-f
aucons à 20 km de l’arrivée afin de durcir le parcours.
Les beaux jours arrivent, il est temps de passer aux grandes courses par étapes, mais avant d’en arriver là, le monde du cyclisme célébrera dimanche la dernière classique de la campagne de printemps, la plus prestigieuse aux yeux de la majorité des coureurs du peloton : Liège-Bastogne-Liège. Epreuve la plus ancienne du royaume de Belgique, créée en 1892, la course wallonne a hérité du nom de doyenne des classiques. Liège-Bastogne-Liège est un mythe, au même titre que des classiques comme Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et le Tour de Lombardie.
Rien que des grands noms au palmarès
La course a été remportée 5 fois par le « cannibale » Eddy Merckx (1969, 1971, 1972, 1973, 1975). A la fin des années 80, l’italien Moreno Argentin s’était érigé en roi des Ardennaises en remportant 3 fois la flèche wallonne et 4 fois la Doyenne (1985, 1986, 1987, 1991). A cause de lui, Claudy Criquelion ne put jamais couper la ligne d’arrivée, située alors au boulevard de l’Empereur, en vainqueur. Avec 3 victoires lors des 3 premières éditions (1892, 1893, 1894), le belge Léon Houa fait partie des coureurs à 3 victoires au même titre que Fred De Bruyne et Alphonse Scheppers. Mais le palmarès comporte toute une autre série de grands champions tels Hinault, Anquetil, Kelly, Kubler, De Vlaeminck, Bruyère, Bartoli ou encore l’actuel champion du monde Paolo Bettini. Mais Liège-Bastogne-Liège compte aussi son Poulidor. En effet, Raymond Impanis a échoué 4 fois sur la deuxième marche du podium en 1947, 1948, 1954 et 1955 .
Un dénivelé d’étape de montagne
Un parcours intransigeant, un profil vallonné à souhait, parsemé de bosses courtes mais raides, une distance effrayante, un palmarès prestigieux, tout cela fait de Liège-Bastogne-Liège une course féerique que tous les chasseurs de classiques rêvent d’accrocher un jour à leur palmarès. Les spécialistes des ardennaises mais pas seulement, car l’épreuve convient également très bien aux champions des grands tours.
Car pour venir à bout des 261 kilomètres de l’épreuve, les concurrents devront négocier dans les meilleures conditions possibles les routes de Wallonie. Après une p
remière partie relativement plane, une succession de difficultés s’enchaînera sans interruption dans les 90 derniers kilomètres. Le passage à Vielsam marquera le début du terrible tryptique côte de Wanne, côte de Stockeu (1 km à 10,5 %) et côte de la Haute-Levée (3,4 km à 6 %).Cet enchaînement devrait déjà opérer une grosse sélection. Les coureurs devront ensuite franchir les côtes du Rosier et de la Vecquée pour se présenter à Remouchamps, patrie de Philippe Gilbert, au pied de la côte de la Redoute, point stratégique de l’épreuve avec ses 2,1 kilomètres d’ascension à 7,4 % placés 35 kilomètres de l’arrivée . Après la côte de Sprimont les coureurs entameront une petite nouvelle, la côte de la roche-aux faucons. Située à 20 km d’Ans, cette côte est, dans sa première partie, un petit mur au pourcentage moyen de 9,9 % sur 1.500 m, suivie d’un long faux plat. Ensuite, pour rejoindre le stade de Sclessin, les coureurs emprunteront une descente plus sinueuse vers Seraing avant de longer la Meuse. La Roche aux Faucons risque de modifier le cours de la finale, de déplacer le centre névralgique et d’empêcher que comme lors des dernières éditions de voir des dizaines de coureurs se présenter au pied de la côte de Saint-Nicolas (1 km à 11,1 %), située à seulement 6 kilomètres de la ligne d’arrivée, tracée au sommet de la dernière bosse de 1200 mètres, la côte de Ans.
Fabien Chaliaud