Coincé dans le calendrier entre l’Amstel Gold Race et Liège-Bastogne-Liège, la Flèche Wallonne est loin d’être une course anodine. Son histoire, son parcours et son plateau digne des plus grandes classiques en feront encore ce mercredi une course prisée par les chasseurs de classiques. Seul sa distance (199km) fait qu’elle n’appartient pas aux grandes courses dominicales.
Dix côtes jalonneront les 199 km du parcours, avec notamment trois ascensions du Mur de Huy, dont la montée finale : Comme pour le Cauberg à l’Amstel et la côte de Ans à Liège, ses 1 300 mètres, à 9,3 % de pente moyenne, devraient faire la différence. Les portions allant de 14, 19 à 25 % auront tôt fait de réduire le nombre des prétendants. «La course est certes courte mais le final est le plus difficile des Ardennaises », commente Davide Rebellin, tenant du titre. « Ces dernières années, j’ai toujours choisi d’attendre le Mur de Huy. Il faut être prudent, sinon on arrive à Liège lessivé». Comme chaque année, les moins forts dans le Mur de Huy tenteront d’anticiper en profitant des côtes de Bohisseau et de Ahin. On devrait retrouver en tête les mêmes coureurs que ceux qui s’étaient illustrés à l’Amstel
Rebellin pour égaler Merckx
En cas de troisième succès, l’Italien de 36 ans pourrait rejoindre Eddy Merckx, Moreno Argentin et Marcel Kint au palmarès des recordmans de victoires. Il bénéficiera de l’aide de son coéquipier Schumacher qui ne sera pas superflue au vu de la concurrence. A commencer par celle d’Alejandro Valverde, vainqueur de la Flèche en 2006 et dauphin de Rebellin l’an dernier, « El Imbato » pourra compter sur le champion d’Espagne Joaquin Rodriguez déjà bien présent à la Gold Race. Damiano Cunego irrésistible sur les pentes du Cauberg devrait trouver sur le Mur des pourcentages idéales pour exprimer ses qualités. Frank Schleck 2eme, dimanche dernier espèrera prendre sa revanche.
Une chance pour les outsiders ?
Derrière ce beau monde, les autres auront du mal à rivaliser dans le Mur de Huy et tenteront de se débarrasser des favoris avant le début de l’ultime ascension. Ce sera le cas pour Yaroslav Popovytch, Cadel Evans, Carlos Sastre, José Gomez Marchante ou Kim Kirchen. En méforme ces dernières semaines, Riccardo Ricco qui en temps normal pourrait se contenter de la dernière montée, devra probablement aussi opter pour l’anticipation. On surveillera aussi les prestations de Christian Pfannberger et d’Egoi Martinez excellents à l’Amstel.
Aucun belge pour succéder à Aerts
Dernier vainqueur belge en 2002, Mario Aerts à l’instar de nos compatriotes ne devrait encore une fois jouer que pour les places d’honneur. Philippe Gilbert très présent depuis le début de saison semble voir la fin de son pic de forme tandis que Jurgen Van Goolen manquera d’explosivité dans le Mur. Rik Verbrugghe vainqueur en 2001 a ses meilleures années derrière lui et devra se contenter d’épauler Chavanel et Maxime Monfort. Ce dernier bien qu’il reste sur un excellent printemps (5eme au Pays-Basque et 4eme au Criterium International) a semblé confirmer à la Gold Race ses propres dires selon lesquelles il ne « lirait » pas aussi bien les courses d’un jour que celles à étapes. En fait, seul Jelle Vanendert, surprenant 13eme l’an dernier pourrait jouer une place dans le top 10.
Le perroquet